Paul écouta et entendit en effet un petit miaou bien faible qui sortait du buisson. Il y courut malgré les prières de Sophie.

«C'est un pauvre petit chat qui a l'air malade, s'écria-t-il après avoir cherché quelques instants. Viens voir comme il paraît misérable.»

Sophie accourut; elle vit un tout petit chat tout blanc, mouillé de rosée et taché de boue, qui était étendu tout près de la place où elle s'était cachée.

«Il faut appeler ma bonne, dit Sophie, pour qu'elle l'emporte; pauvre petit, comme il tremble.

—Et comme il est maigre!» dit Paul. Ils appelèrent la bonne, qui les suivait de loin. Quand elle les rejoignit, ils lui montrèrent le petit chat et lui demandèrent de l'emporter.

LA BONNE.—Mais comment faire pour l'emporter? Le pauvre petit malheureux est si mouillé et si sale que je ne peux pas le prendre dans mes mains.

SOPHIE.—Eh bien, ma bonne, mettez-le dans des feuilles.

PAUL.—Ou plutôt dans mon mouchoir; il sera bien mieux.

SOPHIE.—C'est cela! Essuyons-le avec mon mouchoir, et couchons-le dans le tien; ma bonne l'emportera.

La bonne les aida à arranger le petit chat, qui n'avait pas la force de remuer; quand il fut bien enveloppé dans le mouchoir, la bonne le prit, et tous se dépêchèrent d'arriver à la maison pour lui donner du lait chaud.