MADAME DE RÉAN.—Je vais le faire chanter; mais n'approchez pas trop, pour ne pas l'effrayer… Petit, petit, continua Mme de Réan en parlant au bouvreuil, chante, mon ami; chante, petit, chante.»
Le bouvreuil commença à se balancer, à pencher sa tête à droite et à gauche, et puis il se mit à siffler l'air: Au clair de la lune. Quand il eut fini, il siffla: J'ai du bon tabac, puis: Le bon roi Dagobert.
Les enfants l'écoutaient sans bouger; ils osaient à peine respirer, pour ne pas faire peur au bouvreuil. Quand il eut fini, Paul s'écria:
«Oh! ma tante, comme il chante bien! Quelle petite voix douce! Je voudrais l'entendre toujours!
Nous le ferons recommencer après dîner, dit Mme de Réan; à présent il est fatigué, il arrive de voyage; donnons-lui à manger. Allez au jardin, mes enfants, rapportez-moi du mouron et du plantain; le jardinier vous montrera où il y en a.»
Les enfants coururent au potager et rapportèrent une telle quantité de mouron qu'on aurait pu y enterrer toute la cage. Leur maman leur dit de n'en cueillir qu'une petite poignée une autre fois, et ils en mirent dans la cage du bouvreuil, qui commença tout de suite à le becqueter.
«Allons dîner à présent, mes enfants, dit Mme de Réan, vos papas nous attendent.»
Pendant le dîner, on parla beaucoup du joli bouvreuil.
«Quelle belle tête noire il a! dit Sophie.
Et quel joli ventre rouge! dit Paul.