—Et quant à Cadichon, ajouta-t-on, il ne sera pas embarrassé pour retrouver son chemin, et il ne se laissera prendre que s'il le veut bien.
La foule se dispersa, et chacun rentra chez soi; je repris ma course, espérant arriver chez mes vrais maîtres avant la nuit; mais il y avait beaucoup de chemin à faire, j'étais fatigué, et je fus obligé de me reposer à une lieue du château. La nuit était venue, les écuries devaient être fermées; je me décidai à coucher dans un petit bois de sapins qui bordait un ruisseau.
J'étais à peine établi sur mon lit de mousse, que j'entendis marcher avec précaution et parler bas. Je regardai, mais je ne vis rien; la nuit était trop noire. J'écoutai de toutes mes oreilles, et j'entendis la conversation suivante:
XXIV
LES VOLEURS
—Il ne fait pas encore assez nuit, Finot; il serait plus sage de nous blottir dans ce bois.
—Mais, Passe-Partout, dit Finot, il nous faut un peu de jour pour nous reconnaître; moi, d'abord, je n'ai pas étudié les portes d'entrée.
—Tu n'as jamais rien étudié, toi, reprit Passe-Partout; c'est à tort que les camarades t'ont appelé FINOT; si ce n'était que moi, je t'aurais plutôt nommé Pataud.
Finot:—Ça n'empêche pas que c'est moi qui ai toujours les bonnes idées.
Passe-Partout:—Bonnes idées! ça dépend. Qu'est-ce que nous allons faire au château?