Le brigadier:—Tiens! c'est de la chance d'avoir trouvé et ramassé tout cela sans y voir; la nuit était sombre.

Finot:—Aussi est-ce le hasard. Mon camarade a marché dessus, cela lui a semblé drôle; il s'est baissé, je l'ai aidé; et, en tâtonnant, nous avons trouvé les papiers et les couteaux, nous avons partagé.

Le brigadier:—C'est malheureux pour vous d'avoir partagé. Ça fait que chacun avait de quoi se faire fourrer en prison.

Finot:—Vous n'avez pas le droit de nous mettre en prison; nous sommes d'honnêtes gens....

Le brigadier:—C'est ce que nous verrons, et ce ne sera pas long. Au revoir, Finot. Ne vous dérangez pas, ajouta-t-il, voyant que Finot cherchait à se lever de dessus son banc. Gendarmes, veillez bien sur monsieur, afin qu'il ne manque de rien. Et ne le quittez pas des yeux, c'est un Finot qui nous a échappé plus d'une fois.

Le brigadier sortit, laissant Finot abattu et inquiet.

«Pourvu que Passe-Partout dise comme moi, pensa-t-il. Ce serait bien de la chance qu'il dît de même.»

En voyant entrer le brigadier, Passe-Partout se sentit perdu; pourtant il parvint à cacher son inquiétude. Il regarda d'un air indifférent le brigadier, qui l'examinait attentivement.

—Comment vous trouvez-vous ici, blessé et garrotté? dit le brigadier.

—Je n'en sais rien, répondit Passe-Partout.