Passe-Partout:—Les couteaux; nous les avions achetés pour nous défendre; on nous disait qu'il y avait des voleurs dans le pays.
Le brigadier:—Et comment et par qui vous êtes-vous trouvés blessés, votre camarade et vous?
Passe-Partout:—Précisément par des voleurs qui nous ont attaqués sans que nous les ayons vus.
Le brigadier:—Tiens? Finot m'a pas dit comme vous.
Passe-Partout:—Finot a eu si peur qu'il a perdu la mémoire; il ne faut pas croire ce qu'il dit.
Le brigadier:—Je ne l'ai pas cru non plus, pas davantage que je ne crois à ce que vous me dites vous-même, l'ami Passe-Partout, car je vous reconnais bien à présent; vous vous êtes trahi.
Passe-Partout s'aperçut de la bêtise qu'il avait faite en reconnaissant que son camarade s'appelait Finot. C'était un sobriquet qui lui avait été donné au bagne pour se moquer de son peu de finesse.
Quant à Passe-Partout, son vrai nom était Partout; et un jour qu'on se pressait pour passer au réfectoire, Finot s'écria: «Passe-Partout», le nom lui en resta.
Il n'y avait plus moyen de nier; il ne voulait pourtant pas avouer; il prit le parti de hausser les épaules, en disant:
—Est-ce que je connais Finot, moi? C'était pas malin de deviner que vous parliez de mon camarade; je croyais que vous l'appeliez Finot pour vous moquer.