Auguste descendait toujours sans répondre.
Quand il fut à terre, les enfants virent avec surprise qu'il était pâle et tremblant.
Madeleine:—Pourquoi avez-vous grimpé à l'arbre, Auguste, et que vous est-il arrivé?
Auguste:—Sans Cadichon, vous n'auriez retrouvé ni moi, ni votre déjeuner; c'est pour sauver ma vie que je suis monté au haut de ce chêne.
Pierre:—Raconte-nous ce qui est arrivé; comment Cadichon a-t-il pu te sauver la vie et préserver notre déjeuner?
Camille:—Mettons-nous à table; nous écouterons en mangeant; je meurs de faim.
Ils se placèrent sur l'herbe, autour de la nappe; Camille servit l'omelette, qui fut trouvée excellente; Elisabeth servit à son tour ses côtelettes; elles étaient très bonnes, mais un peu trop cuites. Le reste du déjeuner vint ensuite. Pendant qu'on mangeait, Auguste raconta ce qui suit:
«A peine étiez-vous partis, que je vis accourir les deux gros chiens de la ferme, attirés par l'odeur du repas; je ramassai un bâton, et je crus les faire partir en le brandissant devant eux. Mais ils voyaient les côtelettes, l'omelette, le pain, le beurre, la crème; au lieu d'avoir peur de mon bâton, ils voulurent se jeter sur moi; je lançai le bâton à la tête du plus gros, qui sauta sur mon dos....
—Comment, sur ton dos? dit Henri; il avait donc tourné autour de toi?
—Non, répondit Auguste en rougissant; mais j'avais jeté mon bâton, je n'avais plus rien pour me défendre, et tu comprends qu'il était inutile que je me fisse dévorer par des chiens affamés.