Avant de s'en aller, Auguste m'appela, et, me voyant approcher, il courut à moi, me caressa et me remercia, par ses paroles et par ses gestes, du service que je lui avais rendu. Je vis ce sentiment de reconnaissance avec plaisir. Il me confirma dans la pensée qu'Auguste était bien meilleur que je ne l'avais jugé d'abord; qu'il n'avait ni rancune ni méchanceté, et que s'il était poltron et un peu bête, ce n'était pas sa faute.
J'eus occasion, peu de jours après, de lui rendre un nouveau service.
XXVI
LE BATEAU
Jacques:—Quel dommage qu'on ne puisse pas faire tous les jours un déjeuner comme celui de la semaine dernière: c'était si amusant!
Louis:—Et comme nous avons bien déjeuné!
Camille:—Ce qui m'a semblé le meilleur, c'était la salade de pommes de terre et la vinaigrette de veau.
Madeleine:—Je sais bien pourquoi: c'est parce que maman te défend habituellement de manger des choses vinaigrées.
Camille, riant:—C'est possible; les choses qu'on mange rarement semblent toujours meilleures, surtout quand on les aime naturellement.
Pierre:—Que ferons-nous aujourd'hui pour nous amuser?