Auguste:—Mal! tu crois cela? Tu vas voir si je le lance mal! Je cours chercher l'épervier qui sèche au soleil dans la cour.

Pierre:—Non, Auguste, je t'en prie. S'il arrivait quelque chose, papa nous gronderait.

Auguste:—Et que veux-tu qu'il arrive? Puisque je te dis que chez nous on pêche toujours à l'épervier. Je pars; attendez-moi, je ne serai pas longtemps.

Et Auguste partit en courant, laissant Pierre et Henri mécontents et inquiets. Il ne tarda pas à revenir, traînant après lui le filet.

—Voilà, dit-il, en l'étalant par terre. A présent, gare les poissons!

Il lança l'épervier assez adroitement; il tira avec précaution et lenteur.

—Tire donc plus vite! nous n'en finirons pas, dit Henri.

—Non, non, dit Auguste, il faut le ramener tout doucement pour ne pas faire rompre le filet et pour ne laisser échapper aucun poisson.

Il continua à tirer, et, quand tout fut amené, le filet était vide: pas un poisson ne s'était laissé prendre.

—Oh! dit-il, une première fois ne compte pas. Il ne faut pas se décourager. Recommençons.