Elisabeth:—Et comme il l'a habilement tiré sur l'herbe!

Jacques:—Pauvre Cadichon! tu es mouillé!

Henriette:—Ne le touche pas, Jacques; il va mouiller tes habits; vois comme l'eau lui coule de partout.

—Ah bah! qu'est-ce que ça fait que je sois un peu mouillé? dit Jacques passant ses bras autour de mon cou; je ne le serai jamais autant que Cadichon.

Louis:—Au lieu de l'embrasser et de lui faire des compliments, tu ferais mieux de l'emmener à l'écurie, où nous le bouchonnerons bien avec de la paille et où nous lui donnerons de l'avoine pour le réchauffer et lui rendre des forces.

Jacques:—Ceci est très vrai; tu as raison. Viens, mon Cadichon.

Jeanne:—Qu'est-ce que c'est que de bouchonner? Tu dis, Louis, que tu bouchonneras Cadichon?

Louis:—Bouchonner, c'est frotter avec des poignées de paille jusqu'à ce que le cheval ou l'âne soit bien sec. On appelle cela bouchonner, parce que la poignée de paille qu'on tortille pour cela s'appelle un bouchon de paille.

Je suivais Jacques et Louis, qui marchèrent vers l'écurie en me faisant signe de les accompagner. Tous deux se mirent à me bouchonner avec une telle vivacité, qu'ils furent bientôt en nage. Ils ne cessèrent pourtant que lorsqu'ils m'eurent bien séché. Pendant ce temps, Henriette et Jeanne se relayaient pour peigner et brosser ma crinière et ma queue. J'étais superbe quand ils eurent fini, et je mangeai avec un appétit extraordinaire la mesure d'avoine que Jacques et Louis me présentèrent.

—Henriette, dit tout bas la petite Jeanne à sa cousine, Cadichon a beaucoup d'avoine; il en a trop.