SOPHIE.—Élisa, Élisa, une petite ronde encore, et c'est fini.
ÉLISA.—C'est bon, c'est bon; cassez-vous le nez à ma porte, pendant que je casse autre chose.
En effet, les enfants entendaient un bruit sec extraordinaire, qui ne discontinuait pas. Crac, crac, crac.
«Qu'est-ce qu'elle fait là-dedans? dit tout bas Sophie; on dirait qu'elle fait frire des marrons qui éclatent.»
MARGUERITE.—Attends, attends, je vais regarder par le trou de la serrure… Je ne vois rien; elle est debout; elle nous tourne le dos et elle paraît très occupée, mais je ne vois pas ce qu'elle fait.
CAMILLE.—J'ai une idée; sortons tout doucement, faisons le tour par dehors, et regardons par la fenêtre, qui n'est pas bien haute. Comme elle ne s'y attend pas, elle n'aura pas le temps de se cacher.
SOPHIE.—C'est une bonne idée, mais pas de bruit; allons toutes sur la pointe des pieds, et pas un mot.
En effet, elles se retirèrent tout doucement, sortirent, firent le tour de la maison sur la pointe des pieds, et arrivèrent ainsi sous la fenêtre d'Élisa. Quoique cette fenêtre fût au rez-de-chaussée, elle était encore trop haute pour les petites filles. À un signe de Camille, elles s'élancèrent sur le treillage qui garnissait les murs, et en une seconde leurs quatre têtes se trouvèrent à la hauteur de la fenêtre. Élisa poussa un cri et jeta promptement son tablier sur la commode devant laquelle elle travaillait. Il était trop tard, les petites avaient vu.
«Des noix, des noix! crièrent-elles toutes ensemble; Élisa casse des noix, c'est pour l'illumination de ce soir.
—Allons, voyons, puisque vous m'avez découverte, venez m'aider à préparer les lampions.»