MARGUERITE.—Mais, enfin, pourquoi Sophie attaque-t-elle ce pauvre Hurel?

SOPHIE, _piquée.—_Je ne l'ai pas attaqué, mademoiselle; je suis seulement ennuyée d'attendre, et je m'en vais chez moi apprendre mes leçons. J'aime encore mieux travailler que de perdre mon temps à attendre cet Hurel.

MARGUERITE.—Entends-tu, entends-tu, Madeleine, comme elle parle de cet excellent Hurel? Si j'étais à sa place, je ne donnerais pas les écrevisses qu'il nous a promises, et… Mais… le voilà; voici son cheval qui arrive.

En effet, le cheval d'Hurel s'arrêtait devant le perron; il était ruisselant d'eau et paraissait fatigué.

CAMILLE.—Où est donc Hurel? Comment son cheval vient-il tout seul?

MADELEINE.—Hurel est sans doute descendu pour ouvrir et refermer la barrière, et le cheval aura continué tout seul.

MARGUERITE.—Mais regarde comme il a l'air fatigué!

CAMILLE.—C'est qu'il a fait une longue course.

SOPHIE.—Mais pourquoi est-il si mouillé?

MADELEINE.—C'est qu'il aura traversé la rivière.