Les enfants attendirent quelques instants; ne voyant pas venir
Hurel, elles appelèrent Élisa.

«Élisa, dit Camille, veux-tu venir avec nous à la rencontre d'Hurel? Voici son cheval qui est arrivé, mais sans lui.»

Élisa descendit, regarda le cheval.

«C'est singulier, dit-elle, que le cheval soit venu sans le maître. Et dans quel état ce pauvre animal! Venez, enfants, allons voir si nous rencontrerons Hurel… Pourvu qu'il ne soit pas arrivé un malheur!» se dit-elle tout bas.

Elles se mirent à marcher précipitamment, en prenant le chemin qu'avait dû suivre le cheval. À mesure qu'elles avançaient, l'inquiétude les gagnait; elles redoutaient un accident, une chute. En approchant de la grand-route qui bordait la rivière, elles virent un attroupement considérable; Élisa, prévoyant un malheur, arrêta les enfants.

«N'avancez pas, mes chères petites; laissez-moi aller voir la cause de ce rassemblement; je reviens dans une minute.»

Les enfants restèrent sur la route, pendant qu'Élisa se dirigeait vers un groupe qui causait avec animation.

«Messieurs, dit-elle en s'approchant, pouvez-vous me dire quelle est la cause du mouvement extraordinaire que j'aperçois là-bas, sur le bord de la rivière?»

UN OUVRIER.—C'est un grand malheur qui vient d'arriver, madame!
On a trouvé dans la rivière le corps d'un brave boucher nommé
Hurel!…

ÉLISA.—Hurel!… pauvre Hurel! Nous l'attendions; il venait au château. Mais est-il réellement mort? N'y a-t-il aucun espoir de le sauver?