Les pleurs de Marguerite redoublèrent. «Nous ne te grondons pas, reprit Camille, parce que nous savons que tu ne l'as pas fait par méchanceté; mais tu vois comme c'est vilain de ne pas nous écouter.» Marguerite sanglotait.

«Console-toi, ma petite Marguerite, dit Madeleine en l'embrassant; tu vois bien que nous ne sommes pas fâchées contre toi.

—Parce que… vous… êtes… trop bonnes, … dit Marguerite, qui suffoquait; mais… vous… êtes… tristes… Cela… me… fait de la… peine… Pardon… pardon, … Camille… Madeleine… Je ne… le… ferai plus… bien sûr.»

Camille et Madeleine, touchées du chagrin de Marguerite, l'embrassèrent et la consolèrent de leur mieux. À ce moment, Mme de Rosbourg entra; elle s'arrêta, étonnée en voyant les yeux rouges et la figure gonflée de sa fille.

«Marguerite! qu'as-tu, mon enfant? Serais-tu méchante, par hasard?

—Oh non! madame, répondit Madeleine; nous la consolons.»

MADAME DE ROSBOURG.—De quoi la consolez-vous, chères petites?

MADELEINE.—De…, de… Madeleine rougit et s'arrêta. «Madame, reprit Camille, nous la consolons, nous… nous… l'embrassons… parce que…, parce que…» Elle rougit et se tut à son tour. La surprise de Mme de Rosbourg augmentait.

MADAME DE ROSBOURG.—Marguerite, dis-moi toi-même pourquoi tu pleures et pourquoi tes amies te consolent.

—Oh! maman, chère maman, s'écria Marguerite en se jetant dans les bras de sa mère, j'ai été bien méchante; j'ai fait de la peine à mes amies, mais c'était sans le vouloir. J'ai cueilli toutes les fleurs de leur jardin; elles n'ont plus rien à donner à leur maman pour sa fête, et, au lieu de me gronder, elles m'embrassent. Mon Dieu! mon Dieu! que j'ai du chagrin!