—Une fête! une fête! s'écrièrent les enfants; oh! merci, chère madame! Ce sera charmant! Une fête pour Élisa.»
Élisa était fatiguée; elle se retira dans le fond de sa chambre; les enfants suivirent Mme de Rosbourg et discutèrent les arrangements d'une fête en l'honneur d'Élisa. En passant au chapitre suivant, nous saurons ce qui aura été décidé.
XXVII. La fête.
Depuis quelques jours tout était en rumeur au château; on enfonçait des clous dans une orangerie attenante au salon; on assemblait et on brouettait des fleurs; on cuisait des pâtés, des gâteaux, des bonbons. Les enfants avaient avec Élisa un air mystérieux; elles l'empêchaient d'aller du côté de l'orangerie; elles la gardaient le plus possible avec elles, afin de ne pas la laisser causer dans la cuisine et à l'office. Élisa se doutait de quelque surprise; mais elle faisait l'ignorante pour ne pas diminuer le plaisir que se promettaient les enfants.
Enfin, le jeudi suivant, à trois heures, il y eut dans la maison un mouvement extraordinaire. Élisa s'apprêtait à s'habiller, lorsqu'elle vit entrer les enfants, qui portaient un énorme panier couvert et qui avaient leurs belles toilettes du dimanche.
CAMILLE.—Nous allons t'habiller, ma bonne Élisa; nous apportons tout ce qu'il faut pour ta toilette.
ÉLISA.—J'ai tout ce qu'il me faut; merci, mes enfants.
MADELEINE.—Mais tu n'as pas vu ce que nous t'apportons; tiens, tiens, regarde.
Et, en disant ces mots, Madeleine enleva la mousseline qui couvrait le panier. Élisa vit une belle robe en taffetas marron, un col et des manches en dentelle, un bonnet de dentelle garni de rubans et un mantelet de taffetas noir garni de volants pareils.
ÉLISA.—Ce n'est pas pour moi, tout cela; c'est trop beau! Je ne mettrai pas une si élégante toilette; je ressemblerais à Mme Fichini.