Le lendemain il y avait grande agitation parmi les enfants; Élisa devait se montrer à la fenêtre après déjeuner. Une heure d'avance, elles étaient comme des abeilles en révolution; elles allaient, venaient, regardaient à la pendule, regardaient à la fenêtre, préparaient des sièges; enfin elles se rangèrent toutes quatre sur des chaises, comme pour un spectacle, et attendirent, les yeux levés. Tout à coup, la fenêtre s'ouvrit et Élisa parut.
«Élisa, Élisa, ma pauvre Élisa!» s'écrièrent Camille et Madeleine, que les larmes empêchèrent de continuer.
MARGUERITE.—Bonjour, ma chère Élisa.
SOPHIE.—Bonjour, ma chère Élisa.
ÉLISA.—Bonjour, bonjour, mes enfants; voyez comme je suis devenue belle; quel masque sur mon visage!
CAMILLE.—Oh! tu seras toujours ma belle et ma bonne Élisa; crois-tu que j'oublie que c'est pour m'avoir soignée que tu es tombée malade?
ÉLISA.—Tu me l'as bien rendu aussi. Tu es une bonne, une excellente enfant; tant que je vivrai, je n'oublierai ni la tendresse touchante que tu m'as témoignée pendant ma maladie, ni la bonté de Mme de Fleurville.
Et la pauvre Élisa, attendrie, essuya ses yeux pleins de larmes; son attendrissement gagna les enfants, qui se mirent à pleurer aussi. Mme de Fleurville et Mme de Rosbourg arrivèrent pendant que tout le monde pleurait.
«Qu'y a-t-il donc? demandèrent-elles, un peu effrayées.
—Rien, maman; c'est la pauvre Élisa qui est à sa fenêtre.» Ces dames levèrent les yeux, et, voyant pleurer Élisa, elles comprirent la scène de larmes joyeuses qui venait de se passer. «Il s'agit bien de pleurer, aujourd'hui! dit Mme de Rosbourg; laissons Élisa se reposer et se bien rétablir, et allons, en attendant, arranger une fête pour célébrer son rétablissement.