—Charmant, charmant! crièrent les quatre petites en battant des mains et en sautant. Oh! la bonne idée! embrassons bien maman pour la remercier de sa bonne invention.
—Je suis enchantée d'avoir si bien trouvé, répondit Mme de Fleurville en se dégageant des bras des enfants qui la caressaient à l'envi l'une de l'autre. Maintenant je vais commander un déjeuner froid pour demain et m'assurer de nos sept ânes.»
Les petites coururent chez Élisa pour lui faire part de leur joie et pour lui demander de venir avec elles.
ÉLISA, _en les embrassant.—_Mes chères petites, je vous remercie de penser à moi et de m'inviter à vous accompagner; mais j'ai autre chose à faire que de m'amuser. À moins que vos mamans n'aient besoin de moi, j'aime mieux rester à la maison et faire mon ouvrage.
MADELEINE.—Quel ouvrage? Tu n'as rien de pressé à faire!
ÉLISA.—J'ai à finir vos robes de popeline bleue; j'ai à faire des manches, des cols, des jupons, des chemises, des mou…
MARGUERITE.—Assez, assez, grand Dieu! comme en voilà! Et c'est toi qui feras tout cela?
ÉLISA.—Et qui donc? sera-ce vous, par hasard?
CAMILLE.—Eh bien, oui; nous t'aiderons toutes pendant deux jours.
ÉLISA, _riant.—_Merci bien, mes chéries! J'aurais là de fameuses ouvrières, qui me gâcheraient mon ouvrage au lieu de l'avancer! Du tout, du tout, à chacun son affaire. Amusez-vous; courez, sautez, mangez sur l'herbe; mon devoir à moi est de travailler: d'ailleurs, je suis trop vieille pour gambader et courir les forêts.