VIII. Les hérissons.

Un jour, Camille et Madeleine lisaient hors de la maison, assises sur leurs petits pliants, lorsqu'elles virent accourir Marguerite.

«Camille, Madeleine, leur cria-t-elle, venez vite voir les hérissons qu'on a attrapés; il y en a quatre, la mère et les trois petits.»

Camille et Madeleine se levèrent promptement et coururent voir les hérissons qu'on avait mis dans un panier.

CAMILLE.—Mais on ne voit rien que des boules piquantes; ils n'ont ni tête ni pattes.

MADELEINE.—Je crois qu'ils se sont roulés en boule, et que leurs têtes et leurs pattes sont cachées.

CAMILLE.—Nous allons bien voir; je vais les faire sortir du panier.

MADELEINE.—Mais ils te piqueront; comment les prendras-tu?

CAMILLE.—Tu vas voir.

Camille prend le panier, le renverse: les hérissons se trouvent par terre. Au bout de quelques secondes, un des petits hérissons se déroule, sort sa tête, puis ses pattes; les autres petits font de même et commencent à marcher, à la grande joie des petites filles, qui restaient immobiles pour ne pas les effrayer. Enfin la mère commença aussi à se dérouler lentement et avança un peu la tête. Quand elle aperçut les trois enfants, elle resta quelques instants indécise; puis, voyant que personne ne bougeait, elle s'allongea tout à fait, poussa un cri en appelant ses petits et se mit à trottiner pour se sauver.