NICAISE.—Ah! il faut bien les faire mourir, mademoiselle; c'est mauvais, le hérisson: ça détruit les petits lapins, les petits perdreaux. D'ailleurs, ils sont trop jeunes; ils ne vivraient pas sans leur mère.
CAMILLE.—Viens, Madeleine; viens, Marguerite; allons demander à maman de sauver ces malheureuses petites bêtes.
Toutes trois coururent au salon, où travaillaient
Mme de Fleurville et Mme de Rosbourg.
LES TROIS PETITES ENSEMBLE.—Maman, maman, madame, les pauvres hérissons! ce méchant Nicaise va les tuer! La pauvre mère est morte! Il faut les sauver, vite, vite!
MADAME DE FLEURVILLE.—Qui? Qu'est-ce? Qui tuer? Qui sauver?
Pourquoi «méchant Nicaise»?
LES TROIS PETITES ENSEMBLE.—Il faut aller vite. C'est Nicaise.
Il ne nous écoute pas. Ces pauvres petits!
MADAME DE ROSBOURG.—Vous parlez toutes trois à la fois, mes chères enfants; nous ne comprenons pas ce que vous demandez. Madeleine, parle seule, toi qui es moins agitée et moins essoufflée.
MADELEINE.—C'est Nicaise qui a tué une mère hérisson; il y a trois petits, il veut les tuer aussi; il dit que les hérissons sont mauvais, qu'ils tuent les petits lapins.
CAMILLE.—Et je crois qu'il ment; ils ne mangent que de mauvaises bêtes.
MADAME DE FLEURVILLE.—Et pourquoi mentirait-il, Camille?