Marguerite baissa la tête et s'en alla dans sa chambre en pleurant et en disant qu'elle ne dormirait pas de la nuit. Elle ne voulait pas se coucher, mais sa bonne la mit de force dans son lit; après avoir sangloté pendant quelques minutes, elle s'endormit et ne se réveilla que le lendemain matin.
Il faisait un temps superbe: Marguerite sauta de son lit pour s'habiller et courir bien vite à la recherche de sa poupée.
Quand elle fut lavée, coiffée et habillée, et qu'elle eut déjeuné, elle courut rejoindre ses amies et sa maman, qui étaient prêtes depuis longtemps et qui l'attendaient pour partir.
«Partons, s'écrièrent-elles toutes ensemble; partons vite, chère maman, nous voici toutes les trois.
—Allons, marchons d'un bon pas, et arrivons à l'arbre où la pauvre poupée a passé une si mauvaise nuit.»
Tout le monde se mit en route; les mamans marchaient vite, vite; les petites filles couraient plutôt qu'elles ne marchaient, tant elles étaient impatientes d'arriver; aucune d'elles ne parlait, leur coeur battait à mesure qu'elles approchaient.
«Je vois le grand chêne au pied duquel elle doit être», dit
Marguerite.
Encore quelques minutes, et elles arrivèrent près de l'arbre. Pas de poupée; rien qui indiquât qu'elle aurait dû être là.
Marguerite regardait ses amies d'un air consterné; Camille et Madeleine étaient désolées. «Mais, demanda Mme de Rosbourg, es-tu bien sûre de l'avoir laissée ici?
—Bien sûr, maman, bien sûr.