CAMILLE.—Est-elle bien triste?

MADELEINE.—S'ennuie-t-elle beaucoup?

MARGUERITE.—Est-elle fâchée contre moi? Cause-t-elle un peu?

Élisa les rassurait et leur disait que Sophie prenait sa punition avec une telle douceur et une telle résignation, qu'en sortant de là elle serait certainement tout à fait corrigée et ne se ferait plus jamais punir.

Le soir, Mme de Fleurville vint elle-même chercher Sophie pour la mener au salon, où l'attendaient avec anxiété Camille, Madeleine et Marguerite.

«Voilà Sophie que je vous ramène, mes chères enfants, non pas la Sophie d'avant-hier, colère, menteuse, gourmande et méchante; mais une Sophie douce, sage, raisonnable; nous la plaignions jadis, aimons-la bien maintenant: elle le mérite.»

Sophie se jeta dans les bras de ses amies; elle pleurait de joie en les embrassant. Elle et Marguerite se demandèrent réciproquement pardon; elles s'étaient déjà pardonné de bon coeur. Quand arriva l'heure de la prière, Mme de Fleurville ajouta à celle qu'elles avaient l'habitude de faire une action de grâces pour remercier Dieu d'avoir ouvert au repentir le coeur des coupables, et pour avoir ainsi tiré un grand bien d'un grand mal.

Après cette prière, qui fut faite du fond du coeur, les enfants s'embrassèrent tendrement et allèrent se coucher.

XVIII. Le rouge-gorge.

Un mois après, Camille et Madeleine étaient assises sur un banc dans le jardin; elles tressaient des paniers avec des joncs que Sophie et Marguerite cueillaient dans un fossé.