LÉON.—Écoute donc; un premier jour de vacances on veut s'en donner, des courses, des jeux, des promenades! Nous le retrouverons dans le jardin. En attendant mes cousines et mes amies, allons faire un tour à la ferme; nous déjeunerons avec du bon lait tout chaud et du pain bis.
Jean approuva vivement ce projet; ils arrivèrent au moment où l'on finissait de traire les vaches. La fermière, la mère Diart, les reçut avec empressement. Après les premières phrases de bonjour et de bienvenue, Léon demanda du lait et du pain bis.
La mère Diart s'empressa de les servir.
Léon et Jean remercièrent la fermière et se mirent à manger avec délices ce bon lait tout chaud et ce pain de ménage, à peine sorti du four et tiède encore.
«Assez, assez, Jean, dit Léon. Si nous nous étouffons, nous ne serons plus bons à rien. N'oublie pas que nous avons nos cabanes à commencer. Nous aurons fini les nôtres avant que ce petit vantard de Jacques ait pu seulement commencer la sienne.»
JEAN.—Hé! hé! Je ne dis pas cela, moi. Jacques est fort; il est très vif et intelligent; il est résolu et, quand il veut, il veut ferme.
LÉON.—Laisse donc! ne vas-tu pas croire qu'il saura faire une maison à lui tout seul, aidé seulement par Sophie et Marguerite?
JEAN.—C'est bon! tu riras après; en attendant, viens chercher nos cousines; il va être huit heures.
Ils coururent à la maison, allèrent frapper à la porte de leurs cousines qui les attendaient et qui leur ouvrirent avec empressement. Ils se demandèrent réciproquement des nouvelles de leur nuit et descendirent pour courir à leur jardin et commencer leur cabane. En approchant, ils furent surpris d'entendre frapper comme si on clouait des planches.
CAMILLE.—Qui est-ce qui peut cogner dans notre jardin?