MADELEINE.—C'est sans doute dans le bois.

CAMILLE.—Mais non! les coups semblent venir du jardin.

LÉON.—Ah! voici Marguerite; elle nous dira ce que c'est.

Au même instant, Marguerite cria très haut: «Léon, Jean, bonjour;
Sophie et Jacques sont avec moi.

—Ne crie donc pas si fort, dit Jean en souriant, nous ne sommes pas sourds.»

Marguerite courut à eux, les arrêta pour les embrasser tous, puis ils prirent le chemin qui menait au jardin, en tournant un peu court dans le bois.

Quelle ne fut pas leur surprise en voyant Jacques, le pauvre petit Jacques, armé d'un lourd maillet et clouant des planches aux piquets qui formaient les quatre coins de sa cabane. Sophie l'aidait en soutenant les planches.

Jacques avait très bien choisi l'emplacement de sa maisonnette; il l'avait adossée à des noisetiers qui formaient un buisson très épais et qui l'abritaient d'un soleil trop ardent. Mais ce qui causa aux cousins une vive surprise, ce fut la promptitude du travail de Jacques et la force et l'adresse avec lesquelles il avait placé et enfoncé les gros piquets qui devaient recevoir les planches avec lesquelles il formaient les murs. La porte et une fenêtre étaient déjà indiquées par des piquets pareils à ceux qui faisaient les coins de la maison.

Ils s'étaient arrêtés tous quatre; leur étonnement se peignait si bien sur leurs figures que Jacques, Marguerite et Sophie ne purent s'empêcher de sourire, puis d'éclater de rire. Jacques jeta son maillet à terre pour rire plus à son aise. Enfin Léon s'avança vers lui.

LÉON, _avec humeur.—_Pourquoi et de quoi ris-tu?