—Ah! j'en tiens un», s'écria M. de Traypi en s'élançant dans un buisson.

Mais il avait parlé trop vite; Camille et Jean étaient partis comme des flèches et arrivèrent au but avant que M. de Traypi eût pu les rejoindre. Pendant ce temps Mme de Fleurville avait découvert Léon et Madeleine, elle se mit à leur poursuite; M. de Traypi accourut à son aide; pendant qu'ils les poursuivaient, Marguerite et Jacques les croisèrent en courant vers le but. Mme de Fleurville, croyant ceux-ci plus faciles à prendre, abandonna Léon et Madeleine à M. de Traypi et courut après Marguerite et Jacques; mais, tout jeunes qu'ils étaient, ils couraient mieux qu'elle, qui en avait perdu l'habitude, et ils arrivèrent haletants et en riant au but au moment où elle allait les atteindre.

Essoufflée, fatiguée, elle se jeta sur l'herbe en riant et y resta quelques instants pour reprendre haleine. Elle alla ensuite rejoindre son frère qui faisait vainement tous ses efforts pour attraper Léon, Madeleine et les grands; quant à Sophie, elle n'était pas encore trouvée. À force d'habileté et de persévérance, M. de Traypi finit par les prendre tous malgré leurs ruses, leurs cris, leurs efforts inouïs pour arriver au but. Sophie manquait toujours.

«Sophie, Sophie, criait-on, fais _hou! _qu'on sache de quel côté tu es.» Personne ne répondait.

L'inquiétude commença à gagner Mme de Fleurville.

«Il n'est pas possible qu'elle ne réponde pas si elle est réellement cachée, dit-elle; je crains qu'il ne lui soit arrivé quelque chose.

—Elle aura été trop loin, dit M. de Rugès.

—Pourvu qu'elle ne se perde pas, comme il y a trois ans, dit
Mme de Rosbourg.

—Ah! pauvre Sophie! s'écrièrent Camille et Madeleine. Allons la chercher, maman.

—Oui, allons-y tous, mais chacun des petits escorté d'un grand», dit M. de Traypi.