Ils se partagèrent en bandes et se mirent tous à la recherche de Sophie, l'appelant à haute voix; leurs cris retentissaient dans la forêt, aucune voix n'y répondait. L'inquiétude commençait à devenir générale; les enfants cherchaient avec une ardeur qui témoignait de leur affection et de leurs craintes. Enfin, Jean et Mme de Rosbourg crurent entendre une voix étouffée appeler au secours. Ils s'arrêtèrent, écoutèrent… Ils ne s'étaient pas trompés.
«Au secours! au secours! Mes amis, sauvez-moi!
—Sophie, Sophie, où es-tu? cria Jean épouvanté.
—Près de toi, dans l'arbre, répondit Sophie.
—Mais où donc? mon Dieu! où donc! Je ne vois pas.» Et Jean, effrayé, désolé, cherchait, regardait de tous côtés, sur les arbres, par terre: il ne voyait pas Sophie. Tout le monde était accouru près de Jean, à l'appel de Mme de Rosbourg. Tous cherchaient sans trouver.
«Sophie, chère Sophie, cria Camille, où es-tu? sur quel arbre?
Nous ne te voyons pas.»
SOPHIE, _d'une voix étouffée.—_Je suis tombée dans l'arbre qui était creux; j'étouffe; je vais mourir si vous ne me tirez pas de là.
—Comment faire? s'écriait-on. Si on allait chercher des cordes?
Jean réfléchit une minute, se débarrassa de sa veste et s'élança sur l'arbre, dont les branches très basses permettaient de grimper dessus.
«Que fais-tu? cria Léon; tu vas être englouti avec elle.