» J'étais à moitié morte de peur. Je croyais qu'on ne me trouverait jamais, car je sentais combien ma voix était sourde et affaiblie. Je pris courage pourtant quand j'entendis appeler de tous côtés; je redoublai d'efforts pour crier, mais j'entendais passer près de l'arbre où j'étais tombée, et je sentais bien qu'on ne m'entendait pas. Enfin, notre cher et courageux Jean m'a entendue et m'a sauvée avec l'aide de mon petit Jacques…

JEAN.—Et c'est lui qui a eu l'idée de nouer les deux vestes ensemble.

Tout le monde se leva et l'on se dirigea vers la maison, tout en causant vivement des événements de la matinée.

IV. Une rencontre inattendue.

«J'aime beaucoup la forêt du moulin, dit un jour Léon à ses cousines et à ses amies.

—Et moi, je ne l'aime pas du tout», dit Sophie.

JEAN.—Pourquoi donc? Elle est pourtant bien belle.

SOPHIE.—Parce qu'il arrive toujours des malheurs dans cette forêt. Je n'aime pas quand on y va.

LÉON.—Je ne vois pas quel malheur y est arrivé. On s'y amuse toujours beaucoup.

SOPHIE.—Toi, tu t'y amuses, c'est possible; mais je te réponds que je ne m'y suis pas amusée le jour que j'ai manqué étouffer dans le creux de l'arbre…