JACQUES.—Rien de plus facile que d'essayer: allons à la forêt, monte sur l'arbre, laisse-toi glisser au fond, nous ne t'aiderons pas, et tu en sortiras tout seul. Veux-tu?
LÉON, _embarrassé.—_Je le ferais certainement, si…, si…
JACQUES, _riant.—_Si quoi?
LÉON, _embarrassé.—_Si je ne craignais d'effrayer mes cousines qui pourraient croire… qui pourraient craindre…
JACQUES.—Craindre quoi? puisque tu es si brave.
LÉON.—Et pourquoi n'essayes-tu pas, toi qui me conseilles de le faire?
JACQUES.—Parce que je crois, moi, que c'est très dangereux, et j'aurais peur.
LÉON, _avec ironie.—_Peur, toi qui fais toujours le brave, toi qui te précipites toujours au milieu des dangers qui n'existent pas, pour te donner la réputation d'un Gérard-tueur-de-lions. Tu aurais peur, toi, Jacques le téméraire, le batailleur.
JEAN.—Oui, il aurait peur, précisément parce qu'il a le vrai courage, celui qui le porte à secourir les autres dans le danger, et non pas à le braver inutilement.
LÉON.—Je vous prouverai bien, moi, que je suis plus courageux que Jacques. Allons à la forêt, je me glisserai dans le creux de l'arbre… Seulement… il faut que je demande la permission à papa.