JEAN.—Ha, ha! voilà qui est bon! Ce sera une manière d'avoir raison, car tu sais bien que papa ne te laissera pas faire.
LÉON.—Papa me laissera faire, s'il pense, comme moi, qu'il n'y a aucun danger. Vous allez voir.
Léon, suivi de tous les enfants, alla vers la chambre de son papa, qu'il trouva avec son oncle, M. de Traypi. Tous deux riaient en demandant à Léon ce qu'il voulait.
LÉON.—Papa, je viens vous demander la permission d'aller dans la forêt du moulin avec mes cousines.
M. DE RUGÈS.—Pour quoi faire?
LÉON.—Papa, c'est pour entrer dans le creux de cet arbre dans lequel Sophie prétend avoir étouffé l'autre jour.
M. DE RUGÈS, _souriant.—_Mais ne crains-tu pas, si tu entres dans cet arbre, de ne plus pouvoir en sortir?
LÉON.—Papa, je ne le crains pas; pourtant, si vous me le défendez, je ne le ferai pas.
M. DE RUGÈS.—Non, non, je ne te le défends pas; je te recommande seulement d'être prudent.
LÉON, _inquiet.—_Papa, si vous craignez le moindre accident, je ne l'essayerai certainement pas; je serais bien fâché de vous causer quelque inquiétude. Je dirai à mes cousines, à Jean et à ce petit moqueur de Jacques, que vous ne trouvez pas la chose raisonnable.