«Ma chère Sophie, je me suis toujours souvenu de ta complaisance pour moi lors de mon dernier séjour à Fleurville; j'étais alors un petit garçon; maintenant que je suis plus grand, c'est moi qui te rendrai des services à mon tour.»

SOPHIE.—Merci de ta bonté, mon bon Jean! merci de ton souvenir et de ton amitié pour la pauvre orpheline que je suis.

CAMILLE.—Sophie, chère Sophie, tu sais que nous sommes tes soeurs, que maman est ta mère! pourquoi nous affliges-tu en t'attristant toi-même?

SOPHIE.—Pardon, ma bonne Camille; oui, j'ai tort! j'ai réellement trouvé ici une mère et des soeurs.

—Et des frères, s'écrièrent ensemble Léon, Jean et Jacques.

—Merci, mes chers frères, dit Sophie en souriant. J'ai une famille dont je suis fière.

—Et heureuse, n'est-ce pas? dit tout bas Marguerite d'un ton caressant et en l'embrassant.

—Chère Marguerite! répondit Sophie en lui rendant son baiser.

—Mes enfants, mes enfants! descendez vite; venez goûter, dit Mme de Fleurville qui était restée en bas avec ses soeurs et ses beaux-frères.

Les enfants ne se firent point répéter une si agréable invitation; ils descendirent en courant et se trouvèrent dans la salle à manger autour d'une table couverte de fruits et de gâteaux.