Jacques grogna un peu. Léon et Jean se moquèrent de lui. Camille et Madeleine l'embrassèrent et lui firent comprendre qu'il ne fallait pas être égoïste, qu'il fallait être bon camarade et sacrifier quelquefois son plaisir à celui des autres. Jacques avoua qu'il avait tort et il promit de faire tout ce que voudrait sa petite amie Marguerite.

Le goûter était fini; les enfants demandèrent la permission d'aller se promener et partirent en courant à qui arriverait le plus vite au jardin de Camille et de Madeleine. Ils le trouvèrent plein de fleurs, très bien bêché et bien cultivé.

JEAN.—Il vous manque une petite cabane pour mettre vos outils, et une autre pour vous mettre à l'abri de la pluie, du soleil et du vent.

CAMILLE.—C'est vrai, mais nous n'avons jamais pu réussir à en faire une; nous ne sommes pas assez fortes.

LÉON.—Eh bien! pendant que nous sommes ici, Jean et moi nous bâtirons une maison.

JACQUES.—Et moi aussi j'en bâtirai une pour Marguerite et pour moi.

LÉON, _riant.—_Ha! ha! ha! Voilà un fameux ouvrier! Est-ce que tu sauras comment t'y prendre?

JACQUES.—Oui, je le saurai et je la ferai.

MADELEINE.—Nous t'aiderons, mon petit Jacques, et je suis bien sûre que Léon et Jean t'aideront aussi.

JACQUES.—Je veux bien que tu m'aides, toi, Madeleine, et Camille aussi, et Sophie aussi; mais je ne veux pas de Léon, il est trop moqueur.