JEAN, _riant.—_Et moi, Jacques, Ta Grandeur voudra-t-elle accepter mon aide?
JACQUES, _fâché.—_Non, monsieur, je ne veux pas de toi non plus; je veux te montrer que Ma Grandeur est bien assez puissante pour se passer de toi.
SOPHIE.—Mais comment feras-tu, mon pauvre Jacques, pour atteindre au haut d'une maison assez grande pour nous tenir tous?
JACQUES.—Vous verrez, vous verrez; laissez-moi faire, j'ai mon idée.
Et il dit quelques mots à l'oreille de Marguerite qui se mit à rire et lui répondit bas aussi:
«Très bien, très bien, ne leur dis rien jusqu'à ce que ce soit fini.»
Les enfants continuèrent leur promenade; on mena les cousins au potager où ils passèrent en revue tous les fruits mais sans y toucher, puis à la ferme où ils visitèrent la vacherie, la bergerie, le poulailler, la laiterie; ils étaient tous heureux; ils riaient, ils couraient; grimpant sur des arbres, sautant des fossés, cueillant des fleurs pour en faire des bouquets qu'ils offraient à leurs cousines et à leurs amies. Jacques donnait les siens à Marguerite. Ceux de Jean étaient pour Madeleine et Sophie; Léon réservait les siens à Camille. Ils ne rentrèrent que pour dîner. La promenade leur avait donné bon appétit; ils mangèrent à effrayer leurs parents. Le dîner fut très gai. Aucun d'eux n'avait peur de ses parents; pères, mères, enfants riaient et causaient gaiement.
Enfin arriva l'heure du coucher des plus jeunes, Sophie, Marguerite et Jacques, puis des plus grands, et enfin l'heure du repos pour les parents. Le lendemain on devait commencer les cabanes, attraper des papillons, pêcher à la pièce d'eau, lire, travailler, se promener; il y avait de l'occupation pour vingt-quatre heures au moins.
II. Les cabanes.
Les enfants étaient en vacances, et tous avaient congé; les papas et les mamans avaient déclaré que, pendant six semaines, chacun ferait ce qu'il voudrait du matin au soir, sauf deux heures réservées au travail.