—C'est fait, dit M. de Rosbourg; j'achète. À demain.

—Quel drôle d'original! dit M. de Rosbourg à ses amis quand les Tourne-Boule furent partis. Il est fou de vendre ainsi à perte. Les terres du château valent plus de cinquante mille francs de revenu, et la forêt de Paul vaut plus de cent mille francs. Quant à l'hôtel de Paris, il vaut un million et demi, meublé comme il est. J'espère bien que nous y passerons l'hiver ensemble, chère et excellente amie, dit-il à Mme de Fleurville en lui baisant la main. Je me reprochais presque mon retour, si je vous séparais d'avec ma femme et Marguerite d'avec vos filles.

MADAME DE FLEURVILLE.—Je l'ai promis et je ne m'en dédis pas, mon ami; c'est un grand bonheur pour moi que cette vie commune avec vous et les vôtres. Quand vous partirez, je partirai; quand vous reviendrez, je reviendrai. Mais où sont les enfants? comment ont-ils laissé Mlle Yolande toute seule?

M. DE ROSBOURG.—Je soupçonne qu'elle les a mis en fuite par ses grands airs et sa méchante langue. Les voici qui accourent. Nous allons savoir ce qui s'est passé.

Les enfants furent bientôt arrivés. Mme de Fleurville demanda à ses filles pourquoi elles avaient commis l'impolitesse de quitter Mlle Tourne-Boule.

CAMILLE.—Maman, je suis restée la dernière avec elle; mais il n'y avait pas moyen d'y tenir; moi aussi, je me suis sauvée avec Léon quand elle m'a dit que vous étiez une folle.

MADAME DE FLEURVILLE.—Pauvre fille! je la plains d'être si mal élevée; mais pourquoi les autres étaient-ils partis?

Les enfants racontèrent alors les impertinences que s'était permises Mlle Yolande et les réponses qu'elle s'était attirées.

«Je ne blâme qu'une chose, dit M. de Rosbourg en riant; c'est le tourne-broche de Paul et de Marguerite. Ceci était de goût un peu sauvage en effet.»

PAUL.—C'est vrai, mon père; une autre fois je tâcherai d'être plus civilisé. Les parents sont-ils aussi ridicules que leur fille?