MADAME DE FLEURVILLE.—Ma pauvre Sophie, tu n'aurais pas dû croire si facilement que je voulusse t'abandonner. Ta belle-mère s'étant remariée n'a plus aucune autorité sur toi, et c'est M. de Rosbourg ton tuteur, et moi ta tutrice, qui avons le droit de te garder.
SOPHIE.—Ah! quel bonheur! Me voici toute consolée alors; mais que vous dit donc ma belle-mère?
—Ce n'est pas elle qui écrit; c'est sa femme de chambre; voici sa lettre:
«Trais honoré dame
«Celci es pour vou dir qu ma metresse es trais malade de la tristece qe lui done la mor de son marri, chi nes pas conte ni Blagosfqui; cè un eschappé des galaire du non de Gornbou, qu'il lui a devorai tou son arjan et queu le bon Dieu à lécé pairir qan il sé cheté dans le glacié pourlor queu les bon jamdarm son vnu le prandr pour le rmette au bagn. la povr madam en é tombé corne une mace. el pleuré é demandè qu'on la ramen au chato de mamsel Sofi, alors jeu lé ramné e alor el veu voir mamsel, qel lui fai dir quel va mourire é quel veu lui doné sa ptit mamsel a elvé, avecque laqel jé loneure daitre ma tré onoré daM.» V otr très zumble cervante
» Edvije Brgnprzevska fam de conpani de madam la contece Blagofsqa, qi né pas du tou conten, queu si jlavês su jnsrès pas zentré ché zel. Je pri cè dam dme trouvé une bon place de dam de conpagni ché une dam comil fo.»
Sophie et Jean ne purent s'empêcher de rire en lisant cette ridicule lettre si pleine de fautes.
«De quelle petite _mam'selle _parle cette femme, madame?» demanda
Sophie.
MADAME DE FLEURVILLE.—Je ne sais pas du tout; c'est peut-être un enfant que ta belle-mère a eu depuis son mariage.
—Pauvre enfant, dit Sophie, j'espère qu'elle sera plus heureuse avec sa mère que je ne l'ai été.