—Blondine, si vous ne me promettez pas de cacher ma visite à Bonne-Biche et à Beau-Minon, je m'envole pour ne jamais revenir.

—Puisque vous le voulez, beau Perroquet, je vous le promets. Causons un peu: il y a si longtemps que je n'ai causé! Vous me semblez gai et spirituel; vous m'amuserez, je n'en doute pas.»

Blondine écouta les contes du Perroquet, qui lui fit force compliments sur sa beauté, sur ses talents, sur son esprit. Blondine était enchantée; au bout d'une heure, le Perroquet s'envola, promettant de revenir le lendemain. Il revint ainsi pendant plusieurs jours et continua à la complimenter et à l'amuser. Un matin il frappa à la fenêtre en disant:

«Blondine, Blondine, ouvrez-moi, je viens vous donner des nouvelles de votre père; mais surtout pas de bruit, si vous ne voulez pas me voir tordre le cou.»

Blondine ouvrit sa croisée et dit au Perroquet:

«Est-il bien vrai, mon beau Perroquet, que tu veux me donner des nouvelles de mon père? Parle vite: que fait-il? comment va-t-il?

—Votre père va bien, Blondine; il pleure toujours votre absence; je lui ai promis d'employer tout mon petit pouvoir à vous délivrer de votre prison; mais je ne puis le faire que si vous m'y aidez.

—Ma prison! dit Blondine. Mais vous ignorez donc toutes les bontés de Bonne-Biche et de Beau-Minon pour moi, les soins qu'ils ont donnés à mon éducation, leur tendresse pour moi! Ils seront enchantés de connaître un moyen de me réunir à mon père. Venez avec moi, beau Perroquet, je vous en prie, je vous présenterai à Bonne-Biche.

—Ah! Blondine, reprit de sa petite voix aigre le Perroquet, vous ne connaissez pas Bonne-Biche ni Beau-Minon. Ils me détestent parce que j'ai réussi quelquefois à leur arracher leurs victimes. Jamais vous ne verrez votre père, Blondine, jamais vous ne sortirez de cette forêt, si vous n'enlevez pas vous-même le talisman qui vous y retient.

—Quel talisman? dit Blondine: je n'en connais aucun; et quel intérêt Bonne-Biche et Beau-Minon auraient-ils à me retenir prisonnière?