—Une heure de marche au plus. Bonne-Biche a eu soin de vous placer loin de la Rose, afin que vous ne puissiez pas vous affranchir de son joug.

—Mais pourquoi me retient-elle captive? Puissante comme elle est, ne pouvait-elle se donner d'autres plaisirs que l'éducation d'un enfant?

—Ceci vous sera expliqué plus tard, Blondine, quand vous serez retournée près de votre père. Soyez ferme; débarrassez-vous de Beau-Minon après déjeuner, sortez dans la forêt; je vais vous y attendre.»

Blondine promit et ferma la fenêtre, de crainte que Bonne-Biche ne la surprît.

Après le déjeuner, Blondine descendit dans le jardin selon sa coutume. Beau-Minon la suivit, malgré quelques rebuffades qu'il reçut avec des miaulements plaintifs. Parvenue à l'allée qui menait à la sortie du parc, Blondine voulut encore renvoyer Beau-Minon.

«Je veux être seule, dit-elle; va-t'en, Beau-Minon.»

Beau-Minon fit semblant de ne pas comprendre. Blondine, impatientée, s'oublia au point de frapper Beau-Minon du pied.

Quand le pauvre Beau-Minon eut reçu le coup de pied de Blondine, il poussa un cri lugubre et s'enfuit du côté du palais.

Blondine frémit en entendant ce cri; elle s'arrêta, fut sur le point de rappeler Beau-Minon, de renoncer à la Rose, de tout raconter à Bonne-Biche; mais une fausse honte l'arrêta, elle marcha vers la porte, l'ouvrit non sans trembler, et se trouva dans la forêt.

Le Perroquet ne tarda pas à la rejoindre.