«Courage, Blondine! encore une heure et vous aurez la Rose, et vous reverrez votre père.»
Ces mots rendirent à Blondine la résolution qu'elle commençait à perdre; elle marcha dans le sentier que lui indiquait le Perroquet en volant de branche en branche devant elle. La forêt, qu'elle avait crue si belle, près du parc de Bonne-Biche, devint de plus en plus difficile: les ronces et les pierres encombraient le sentier; on n'entendait plus d'oiseaux; les fleurs avaient disparu; Blondine se sentit gagner par un malaise inexplicable; le Perroquet la pressait vivement d'avancer.
«Vite, vite, Blondine, le temps se passe; si Bonne-Biche s'aperçoit de votre absence et vous poursuit, elle me tordra le cou et vous ne verrez jamais votre père.»
Blondine, fatiguée, haletante, les bras déchirés, les souliers en lambeaux, allait déclarer qu'elle renonçait à aller plus loin, lorsque le Perroquet s'écria:
«Nous voici arrivés, Blondine; voici l'enclos où est la Rose.»
Et Blondine vit au détour du sentier un petit enclos, dont la porte lui fut ouverte par le Perroquet. Le terrain y était aride et pierreux: mais au milieu s'élevait majestueusement un magnifique rosier, avec une Rose plus belle que toutes les roses du monde.
«Prenez-la, Blondine, vous l'avez bien gagnée», dit le Perroquet.
Blondine saisit la branche, et, malgré les épines qui s'enfonçaient dans ses doigts, elle arracha la Rose.
A peine l'eut-elle dans sa main, qu'elle entendit un éclat de rire; la Rose s'échappa de ses mains en lui criant: