«Merci, Blondine, de m'avoir délivrée de la prison où me retenait la puissance de Bonne-Biche. Je suis ton mauvais génie; tu m'appartiens maintenant.
—Ha, ha, ha, reprit à son tour le Perroquet, merci, Blondine, je puis maintenant reprendre ma forme d'enchanteur; j'ai eu moins de peine à te décider que je ne le croyais. En flattant ta vanité, je t'ai facilement rendue ingrate et méchante. Tu as causé la perte de tes amis dont je suis le mortel ennemi. Adieu, Blondine.»
En disant ces mots, le Perroquet et la Rose disparurent, laissant Blondine seule au milieu d'une épaisse forêt.
VIII
LE REPENTIR
Blondine était stupéfaite; sa conduite lui apparut dans toute son horreur: elle avait été ingrate envers des amis qui s'étaient dévoués à elle, qui avaient passé sept ans à soigner son éducation. Ces amis voudraient-ils la recevoir, lui pardonner? Que deviendrait-elle si leur porte lui était fermée? Et puis, que signifiaient les paroles du méchant Perroquet: «Tu as causé la perte de tes amis»?
Elle voulut se remettre en route pour retourner chez Bonne-Biche: les ronces et les épines lui déchiraient les bras, les jambes et le visage; elle continua pourtant à se faire jour à travers les broussailles, et, après trois heures de marche pénible, elle arriva devant le palais de Bonne-Biche et de Beau-Minon.
Que devint-elle quand, à la place du magnifique palais, elle ne vit que des ruines; quand, au lieu des fleurs et des beaux arbres qui l'entouraient, elle n'aperçut que des ronces, des chardons et des orties? Terrifiée, désolée, elle voulut pénétrer dans les ruines pour savoir ce qu'étaient devenus ses amis. Un gros Crapaud sortit d'un tas de pierres, se mit devant elle et lui dit:
«Que cherches-tu? N'as-tu pas causé, par ton ingratitude, la mort de tes amis? Va-t'en; n'insulte pas à leur mémoire par ta présence.