A peine eut-il prononcé ces mots, que la fenêtre s'ouvrit, et qu'il vit entrer une dame richement vêtue qui lui demanda d'une voix douce:
«Que désirez-vous de moi, mon petit ami? Vous m'avez appelée; me voici.
—Madame, s'écria Henri en se jetant à ses genoux et en joignant les mains, si vous êtes la fée Bienfaisante, sauvez ma pauvre maman, qui va mourir et me laisser seul en ce monde.»
La fée regarda Henri d'un air attendri; puis, sans mot dire, elle s'approcha de la pauvre femme, se pencha sur elle, l'examina attentivement, souffla sur son visage, et dit:
«Il n'est pas en mon pouvoir de guérir ta maman mon pauvre enfant; c'est à toi seul qu'est réservée sa guérison, si tu as le courage d'entreprendre le voyage que je vais t'indiquer.
—Parlez, Madame, parlez; il n'est rien que je ne fasse pour sauver maman.
—Il faut, dit la fée, que tu ailles chercher la plante de vie qui croît au haut de la montagne que tu vois par cette fenêtre; quand tu auras cette plante, tu en exprimeras le suc dans la bouche de ta maman, qui reviendra immédiatement à la vie.
—Je vais partir tout de suite, Madame; mais qui est-ce qui soignera ma pauvre maman pendant mon absence? et, d'ailleurs, ajouta-t-il en sanglotant plus fort, elle sera morte bien avant mon retour.
—Sois tranquille, pauvre enfant: si tu vas chercher la plante de vie, ta mère n'aura besoin de rien jusqu'à ton retour, et elle restera dans l'état où tu la vois actuellement. Mais tu courras bien des dangers, tu subiras bien des fatigues avant d'avoir cette plante; il te faudra un grand courage et une grande persévérance pour la rapporter.
—Je ne crains pas, Madame, de manquer de courage et de persévérance. Dites-moi seulement comment je reconnaîtrai cette plante parmi toutes celles qui couvrent la montagne.