«Quand tu seras malade ou que tu te sentiras vieillir, touche ton front avec cette griffe: maladie, souffrance, vieillesse disparaîtront; elle aura la même vertu pour tous ceux que tu aimeras et qui t'aimeront.»

Henri remercia le Chat avec effusion, prit la précieuse griffe et voulut l'essayer immédiatement, car il se sentait fatigué et souffrant. A peine la griffé eut-elle touché son front, qu'il se sentit frais et dispos comme s'il sortait du lit.

Le Chat sourit et dit:

«A présent monte sur ma queue.»

Henri obéit. A peine fut-il sur la queue du Chat, que cette queue s'allongea tellement qu'il se trouva à l'autre bord du fossé.

VII

LA PLANTE DE VIE

Henri salua respectueusement le Chat et courut vers le jardin de la plante de vie, qui n'était plus qu'à cent pas de lui. Il tremblait que quelque nouvel obstacle ne retardât sa marche; mais il atteignit le treillage du jardin. Il chercha la porte et la trouva promptement car le jardin n'était pas grand; mais il y avait une si grande quantité de plantes qui lui étaient inconnues, qu'il lui fut impossible de trouver la plante de vie.

Il se souvint heureusement que la fée Bienfaisante lui avait dit d'appeler le docteur qui cultivait le jardin des fées, et il l'appela à haute voix. A peine l'eut-il appelé, qu'il entendit du bruit dans les plantes qui étaient près de lui, et qu'il en vit sortir un petit homme haut comme un balai de cheminée; il tenait un livre sous le bras, avait des lunettes sur son nez crochu et portait un grand manteau noir de Docteur.

«Que cherchez-vous, petit? dit le Docteur en se redressant. Et comment avez-vous pu parvenir jusqu'ici?