—Monsieur le Docteur, je viens de la part de la fée Bienfaisante vous demander la plante de vie pour guérir ma pauvre maman qui se meurt.

—Ceux qui viennent de la part de la fée Bienfaisante, dit le petit docteur en soulevant son chapeau, sont les bienvenus. Venez, petit, je vais vous donner la plante que vous cherchez.»

Il s'enfonça dans le jardin botanique, où Henri eut quelque peine à le suivre, parce qu'il disparaissait entièrement sous les tiges; enfin ils arrivèrent près d'une plante isolée: le petit Docteur tira une petite serpette de sa petite poche, en coupa une tige et la donna à Henri en lui disant:

«Voici, faites-en l'usage que vous a prescrit la fée; mais ne la laissez pas sortir de vos mains, car si vous la posez n'importe où, elle vous échappera sans que vous puissiez jamais la ravoir.»

Henri voulut le remercier, mais le petit homme avait déjà disparu au milieu de ses herbes médicinales, et Henri se trouva seul.

«Comment ferai-je maintenant pour arriver vite à la maison? Si en descendant je rencontre les mêmes obstacles qu'en montant, je risque de perdre ma plante, ma chère plante qui doit rendre la vie à ma pauvre maman.»

Il se ressouvint heureusement du bâton que lui avait donné le Loup.

«Voyons, dit-il, s'il a vraiment le pouvoir de me transporter dans ma maison.»

En disant ces mots, il se mit à cheval sur le bâton en souhaitant d'être chez lui. Au même moment il se sentit enlever dans les airs, qu'il fendit avec la rapidité de l'éclair, et il se trouva près du lit de sa maman.