Pendant qu'Ourson réfléchissait, la petite tourna les yeux vers lui, l'aperçut, poussa un cri, chercha à fuir et retomba épouvantée.

«Ne me fuyez pas, chère petite, lui dit Ourson de sa voix douce et triste; je ne vous ferai pas de mal; bien au contraire, je vous aiderai à retrouver votre papa et votre maman.»

La petite le regardait toujours, avec de grands yeux effarés, et semblait terrifiée.

«Parlez-moi, ma petite, continua Ourson; je ne suis pas un ours, comme vous pourriez le croire, mais un pauvre garçon bien malheureux, car je fais peur à tout le monde, et tout le monde me fuit.»

La petite le regardait avec des yeux plus doux; sa frayeur se dissipait; elle semblait indécise.

Ourson fit un pas vers elle; aussitôt la terreur de la petite prit le dessus; elle poussa un cri aigu et chercha encore à se relever pour fuir.

Ourson s'arrêta; il se mit à pleurer à son tour.

«Infortuné que je suis! s'écria-t-il, je ne puis même venir au secours de cette pauvre enfant abandonnée. Mon aspect la remplit de terreur. Elle préfère l'abandon à ma présence!»

En disant ces mots, le pauvre Ourson se couvrit le visage de ses mains et se jeta à terre en sanglotant.