Il était réellement heureux, le pauvre Ourson, de voir que son excellente petite compagne non seulement le supportait, mais encore s'occupait de lui et cherchait à lui être agréable. Ses yeux s'animaient d'un bonheur réel; sa voix toujours si douce prenait des accents encore plus tendres. Après une demi-heure de marche, il lui dit:
«Violette n'a donc plus peur du pauvre Ourson?
—Oh non! oh non! s'écria-t-elle. Ourson bien bon; Violette pas vouloir quitter Ourson.
—Tu voudras donc bien que je t'embrasse, Violette? tu n'aurais pas peur!»
Pour toute réponse, Violette se jeta dans ses bras.
Ourson l'embrassa tendrement, la serra contre son coeur.
«Chère Violette, dit-il, je t'aimerai toujours; je n'oublierai jamais que tu es la seule enfant qui ait bien voulu me parler, me toucher, m'embrasser.»
Ils arrivèrent peu après à la ferme. Agnella et Passerose étaient assises à la porte; elles causaient.
Lorsqu'elles virent arriver Ourson donnant la main à une jolie petite fille richement vêtue, elles furent si surprises, que ni l'une ni l'autre ne put proférer une parole.
«Chère maman, dit Ourson, voici une bonne et charmante petite fille que j'ai trouvée endormie dans la forêt; elle s'appelle Violette, elle est bien gentille, je vous assure, elle n'a pas peur de moi, elle m'a même embrassé quand elle m'a vu pleurer.