—C'est singulier, dit Blaise, il ne parle que de M. Jules et pas de Mlle Hélène; est-ce qu'elle ne viendrait pas, par hasard?

—Et où veux-tu qu'elle reste? dit Mme Anfry. La place d'une jeune fille n'est-elle pas près de sa mère! Au surplus, nous le verrons bien quand ils seront arrivés.»

Elle monta au château avec Anfry et Blaise. Pendant quatre jours ils ne firent que frotter, essuyer et ranger. Enfin, tout se trouva terminé le lundi dans la journée.

«Je ne sais trop que faire, avait dit Anfry, pour soigner particulièrement l'appartement de M. Jules. Je l'ai frotté, essuyé, comme les autres; je ne peux pas faire mieux.

—Laissez-moi l'arranger, papa, dit Blaise; je vais y mettre des fleurs, qui le rendront plus gai.»

En effet, deux heures plus tard, la chambre de Jules avait pris un autre aspect; il y avait des fleurs dans les vases, des corbeilles de fleurs sur les croisées, sur la commode. Blaise avait fait de son mieux, et il avait réussi.

Quand ils redescendirent l'avenue pour rentrer chez eux, ils n'attendirent pas longtemps l'arrivée du comte. Comme l'année d'avant, un courrier à cheval l'annonça; la grille fut ouverte et la voiture roula dans l'avenue. Blaise avait vu M. de Trénilly dans le fond; près de lui était Jules, pâle et maigre. La comtesse et Hélène n'y étaient pas. Blaise avait déjà su par des gens qui avaient précédé M. de Trénilly qu'Hélène était au couvent pour renouveler sa première communion, et que sa mère ne la ramènerait que dans le courant de juillet, deux mois plus tard. M. de Trénilly avait l'air encore plus sombre et plus sévère que l'année précédente.

«Ils n'apportent pas avec eux la gaieté, dit Anfry à sa femme en refermant la grille.

—Pourvu qu'on ne demande pas notre pauvre Blaisot pour désennuyer M. Jules, répondit Mme Anfry. C'est qu'il ne serait pas possible de le refuser.

—Ah! bah! ils n'y songeront seulement pas, reprit Anfry. Tu as donc oublié ce qu'ils en disaient?...»