Merci, Monsieur le comte; maintenant, encore une chose;... mais... ne vous fâchez pas si j'en demande trop... Dites seulement: non, Blaise, tu es trop ambitieux.

LE COMTE

Qu'est-ce donc que tu veux me demander? Voyons,... parle donc! Dis, mon enfant, dis.

BLAISE

Monsieur le comte,... Monsieur le comte,... permettez-moi de vous embrasser non pas du bout des lèvres, mais là... comme je l'entends,... comme j'embrasse quand j'aime...

—Viens, mon cher enfant, viens», dit le comte en ouvrant les bras pour recevoir Blaise, qui s'y jeta avec transport et qui embrassa le comte à plusieurs reprises.

Jules avait regardé et écouté avec attendrissement, il voulut à son tour embrasser Blaise comme un frère, un ami.

«Papa, dit-il, comment faire pour que Blaise ne nous quitte jamais?

—C'est de le garder avec nous, d'en faire mon second fils, ton camarade d'études et de jeux.

—C'est impossible, cela, dit Blaise avec résolution, impossible. J'ai un père moi aussi, et une mère; je suis leur seul enfant; je dois rester près d'eux, et je serais malheureux loin d'eux, comme ils le seraient loin de moi. Je serais séparé d'eux non seulement de fait, mais d'habitudes, d'éducation, de vêtements et de manières. Je ne serais plus comme leur fils. Non, Monsieur le comte, je vous aime, je vous respecte, je voudrais passer ma vie à vous servir et à vous témoigner mon affection et mon respect: mais quitter mes parents, vous suivre à Paris, jamais!»