Oh! maman! de grâce. ce pauvre Blaise! il nous aime tant! s'il allait dire oui.
JULES
Il dira non, j'en suis certain: je l'ai vu dans bien des épreuves que lui amenait ma méchanceté, il a toujours agi noblement et bien.
LA COMTESSE
Alors signe, Hélène... Signe donc, répéta-t-elle d'un ton d'impatience, voyant l'hésitation d'Hélène. Demain matin, de bonne heure, je lui ferai parvenir cette lettre, et je vous prie instamment, dit-elle en s'adressant à son mari, de ne pas contrarier mon épreuve, qui est dans l'intérêt de Blaise; puisque vous êtes tous si sûrs de lui.
—Faites, dit le comte avec froideur et tristesse; mais je répète que votre jeu est cruel, et que le moment est mal choisi pour tourmenter ce pauvre enfant.»
La comtesse prit la lettre des mains d'Hélène, la cacheta et ordonna à sa fille de la remettre à un domestique, avec recommandation de la porter à Blaise le lendemain de bonne heure.
Hélène exécuta l'ordre de sa mère et reprit tristement son ouvrage; Jules dessina sans dire mot; le comte resta pensif et silencieux. Ne voyant pas venir Anfry, il envoya savoir des nouvelles de Blaise; on lui dit qu'Anfry avait toujours attendu le réveil de son fils, qui dormait encore paisiblement.
La soirée était avancée; peu de temps après le comte avertit les enfants que l'heure du repos était arrivée; il se retira avec eux, laissant sa femme à ses réflexions.
Le lendemain, de bonne heure, comme le comte achevait sa toilette et se disposait à aller savoir des nouvelles du pauvre Blaise, un domestique lui remit un paquet; il l'ouvrit et vit qu'il contenait la lettre que la comtesse avait fait écrire la veille par Hélène; une autre feuille était de l'écriture de Blaise; il lut ce qui suit: