«Madame la comtesse,
«Votre bonté m'a comblé de joie; tous mes voeux sont accomplis. Je souffrais de la mauvaise opinion que j'avais probablement provoquée sans le vouloir et sans le savoir; je suis heureux, bien heureux des bonnes, excellentes paroles que vous voulez bien m'adresser. Si vous daignez m'honorer d'une visite, j'en serai aussi reconnaissant que joyeux; je vous unis déjà dans mon coeur à mon cher M. le comte. à Mlle Hélène et à M. Jules. Je vous remercie, Madame la comtesse, d'avoir bien voulu donner à vos enfants la permission de venir me voir; la joie que j'en ai ressentie a fait passer ma fièvre et m'empêche de sentir le mal de mon pied. C'est le premier effet de votre bonté, Madame la comtesse.
«Veuillez croire à la sincère reconnaissance et au profond respect de votre très humble et obéissant serviteur,
«BLAISE ANFRY.»
Le domestique prit la lettre de Blaise et s'empressa de la porter à la comtesse, qui était dans le salon avec son mari et ses enfants, tous attendant avec impatience la réponse, qu'ils n'avaient pas de peine à deviner.
JULES
Nous irons le voir tout de suite, n'est-ce pas, maman?
—Oui, s'il accepte ma visite, mon cher enfant; mais il est possible qu'il me demande d'attendre son rétablissement.
HÉLÈNE
Et pourquoi, maman? Pourquoi reculerait-il la joie que vous voulez lui procurer?