Céleste, veuve Mac'Miche.
Avec ce papier se trouvait une feuille contenant la volonté exprimée par M. Mac'Lance, que Charles fût remis à sa cousine Mme Mac'Miche, qu'il désignait comme tutrice de l'enfant. Il l'autorisait à employer à cette éducation la rente des cinquante mille francs qu'il déposait entre les mains de la tutrice de son fils, pour être remis à Charles à sa majorité.
«C'est bien en règle, dit le juge! Tout est à Charles.
M. Blackday:—Je m'étonne qu'elle n'ait pas brûlé ce papier qui assure les droits de Charles aux cinquante mille francs.
Le juge:—Elle l'aura gardé pour constater en cas de besoin qu'elle était tutrice de Charles par la volonté du père, et qu'elle avait le droit de conserver le revenu de cette somme jusqu'à la majorité de Charles. Nous allons compter ce que la caisse contient en dehors des deux cent mille francs.
Après avoir tout regardé et compté, le juge trouva deux cent quinze mille quatre cents francs.
Il ferma la caisse, retira la clef.
«Je la prends, dit-il, jusqu'à ce que Marianne soit nommée tutrice de Charles; alors ce sera elle qui aura la garde de tout.»
Le juge, M. Blackday et le curé sortirent, laissant Betty, avec deux ou trois amies que l'événement avait attirées, procéder aux derniers soins à rendre au corps de Mme Mac'Miche; personne ne l'aimait et personne ne la regretta. Charles, qui avait le plus souffert de sa méchanceté et de son avarice, fut le seul qui pleura à son enterrement. Les circonstances de cette mort presque révoltante l'impressionnèrent au point de modérer pendant quelque temps le caractère impétueux et plein de vivacité et de gaieté qui avait tant contribué à aigrir Mme Mac'Miche.
Lorsque le curé, le juge et M. Blackday annoncèrent à Charles qu'il était seul héritier des deux cent mille francs de la défunte, ces messieurs ne purent retenir un sourire devant la stupéfaction profonde qu'exprimait la physionomie de l'héritier.