—Charles, Charles! dit Juliette d'un ton de reproche.
Charles:—Oui, oui, c'est comme ça; elle a reçu des coups dans la poitrine, au visage; j'ai fait cacher par Betty (qui la déteste aussi) ses vilaines dents dans sa soupe; je lui ai arraché et déchiré sa perruque; et quand elle va s'éveiller, elle va trouver sa tabatière pleine de café, son livre et son ouvrage disparus; elle sera furieuse, et je serai enchanté, et je serai vengé!
Juliette:—Vois comme tu t'emportes! Tu tapes du pied, tu tapes les meubles, tu cries, tu es en colère, enfin; tu fais juste comme ta cousine, et tu dois avoir l'air méchant comme elle.
—Comme ma cousine! dit Charles en se calmant; je ne veux rien faire comme elle, ni lui ressembler en rien.
Juliette:—Alors sois bon et doux.
Charles:—Je ne peux pas; je te dis que je ne peux pas.
Juliette:—Oui, je vois que tu n'as pas de courage.
Charles:—Pas de courage! Mais j'en ai plus que personne, pour avoir supporté ma cousine depuis trois ans!
Juliette:—Tu la supportes en la faisant enrager sans cesse; et tu es de plus en plus malheureux, ce qui me fait de la peine, beaucoup de peine.
Charles:—Oh! Juliette, pardonne-moi! Je suis désolé, mais je ne peux pas faire autrement.