Juliette:—Tout le monde en porte! elle fait comme les autres.

Charles:—Est-ce que tu en portes, toi? Pourquoi? parce que tu es raisonnable. Et je ne veux pas d'une femme folle.

Juliette:—Et la soeur du maître d'école? Qu'en dis-tu?

Charles:—Je dis qu'elle est méchante avec les enfants, et que les gens méchants pour les enfants le sont pour tout le monde, et sont lâches par-dessus le marché. C'est abuser lâchement de sa force que de maltraiter un enfant.

Juliette:—Et la nièce du curé?

Charles:—Elle est criarde et piaillarde! Elle crie après la bonne, après les pauvres, après M. le curé lui-même; c'est un enfer qu'une femme grondeuse.

Juliette:—Mon Dieu, que tu es difficile, Charles!

Charles:—Mais pourquoi aussi veux-tu me marier quand je n'en ai nulle envie?

Juliette, avec tristesse:—Ce n'est pas moi qui pousse à te marier, Charles. Moi, je n'y ai aucun intérêt. Bien au contraire.

Charles:—Pourquoi bien au contraire? Quelle est ta pensée, Juliette? ...Parle, Juliette; ne suis-je plus ton ami d'enfance, le confident de tes pensées?