«Vous voulez m'enlever mes vieil les fonctions, Marianne; je ne les cède à personne, vous savez.

Marianne:—Je pensais que tu donnerais le bras à Mlle Lucy.

Charles:—Je regrette beaucoup de ne pouvoir faire comme vous le dites, Marianne; mais, tant que j'aurai le bonheur d'avoir Juliette avec moi, je la promènerai, je la soignerai comme par le passé. J'espère, Mademoiselle Lucy, ajouta-t-il en se tournant vers elle, que vous ne m'en Voudrez pas; si vous connaissiez Juliette, si vous saviez tout ce que je lui dois, tout ce qu'elle a fait et continue à faire encore pour mon bien, vous Trouveriez bon et naturel qu'elle passât pour moi avant tout le monde.»

Lucy ne répondit pas et parut embarrassée; elle se mit près de Juliette, qui fut bonne et aimable comme toujours. Elle craignait que Lucy ne fût blessée de ce manque d'empressement de Charles à son égard; elle cherchait d'autant mieux à le faire oublier. Charles fut très poli, mais il ne chercha pas à dissimuler que sa première pensée et sa constante préoccupation étaient pour Juliette.

XXI

LES INTERROGATOIRES; CE QUI S'ENSUIT

Quand la visite fut terminée, M. Turnip interrogea sa fille sur l'opinion qu'elle avait de Charles.

Lucy:—Il est très bien, mais il ne me plaît pas.

Monsieur Turnip:—Pourquoi cela? Il est beau garçon; il a de l'esprit, il est gai, aimable.

Lucy:—C'est possible; mais il sera un détestable mari.