Mme Mac'Miche devint pourpre, s'agita sur son fauteuil, et dit à Charles de se dépêcher et de s'en aller.
Mais Charles, qui n'était pas encore passé à l'état de douceur et de charité parfaite que lui prêchait Juliette, ne fut pas fâché d'avoir l'occasion de révéler au juge les mauvais traitements de sa cousine.
Charles:—Je crois bien, Monsieur le juge, que je souffre; ma cousine m'a tant battu avec la baguette que voilà près d'elle, que j'en suis tout meurtri.
Madame Mac'Miche! dit le juge avec sévérité.
Madame Mac'Miche:—Ne l'écoutez pas, Monsieur le juge, ne le croyez pas, il ment du matin au soir.
Charles:—Vous savez bien, ma cousine, que je ne mens pas, que vous m'avez battu comme je le dis; et c'est si vrai, que Betty m'a mis un cataplasme de chandelle; voulez-vous que je vous le fasse dire par elle?
Cette pauvre Betty en pleurait.
—Madame Mac'Miche, reprit le juge, vous savez que les mauvais traitements sont interdits par la loi, et que vous vous exposez...
Madame Mac'Miche:—Soyez donc tranquille, Monsieur le juge; je l'ai fouetté, c'est vrai, parce qu'il voulait mettre le feu à la maison ce matin; vous ne savez pas ce que c'est que ce garçon! Méchant, colère, menteur, paresseux, entêté; enfin, tous les vices il les a.
Le Juge:—Ce n'est pas une raison pour le battre au point de gêner ses mouvements. Prenez garde, Madame Mac'Miche, on m'a déjà dit quelque chose là-dessus, et si les plaintes se renouvellent, je serai obligé d'y donner suite.»